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Art et expression de soi Développement personnel Interview

La danse : une thérapie pour exprimer ses émotions

Coucou toi ! As-tu déjà entendu dire que la danse pouvait faire du bien à notre corps ? Oui, j’imagine. Mais sais-tu que c’est aussi un excellent moyen d’exprimer ses émotions ? Pour l’interview du jour, j’ai le privilège de parler avec Magali Hako. Magali est psychologue clinicienne, psychothérapeute et danse-thérapeute. Ce qui m’intéresse aujourd’hui est d’en découvrir plus sur la danse-thérapie, qui se pratique de plus en plus. Alors la danse : c’est vraiment thérapeutique ? Si c’est le cas, quels bienfaits a-t-elle sur le corps et les émotions ? 🤔C’est ce que je te propose de découvrir tout de suite !

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  • Bonjour Magali, pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours ?

Passionnée par les relations humaines, j’ai fait des études de psychologie. En parallèle, j’ai toujours aimé danser. Depuis toute petite, la danse est mon moyen d’expression privilégié. J’ai testé plusieurs types de danse, de la danse classique au moderne en passant par la danse contemporaine. C’est donc naturellement que j’ai eu envie d’utiliser cet art dans le cadre de mon métier de psychologue. A l’époque, la “danse-thérapie” n’était pas très connue, donc je ne l’envisageais pas, jusqu’à ce que je découvre qu’il existait un Master spécialisé dans ce domaine. Paris Descartes proposait en effet un cursus intitulé : “Création Artistique”. Au sein de ce parcours, quatre spécialités étaient proposées : danse-thérapie, musico-thérapie, drama-thérapie et art-plastique. J’ai donc fait ce Master durant 2 ans. Par la suite, j’ai mis en place des ateliers d’expression corporelle par la danse pour des adultes. Au cours de ces ateliers, j’utilise la danse thérapie pour aider les participants à prendre un temps pour elles et apprendre à mieux se connaître. J’ai ensuite commencé un atelier de danse-thérapie en résidence pour personnes âgées. Aujourd’hui, depuis 2 ans, en parallèle de mon métier de psychologue, j’utilise la danse-thérapie en groupe et en individuel dans différents contextes. J’ai la chance de pouvoir travailler avec d’autres professionnels de la santé psychique (psychologue, psychomotricienne, drama-thérapeute) pour accompagner les participants dans une belle énergie groupale.

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  • Pouvez-vous nous en dire plus sur la danse-thérapie ? En quoi ça consiste ? Et quelle est la différence avec de la danse tout simplement ?

La danse-thérapie, c’est l’utilisation du mouvement comme outil principal dans la relation thérapeutique. Le mouvement équivaut à la verbalisation présente dans un entretien “classique” en psychologie par exemple. Dans une séance de danse-thérapie en individuel, j’écoute d’abord la demande de la personne accueillie (ex : manque d’estime de soi, angoisse, besoin de se détendre etc.). À partir de cela, je construis mon atelier en créant des exercices qui me permettrons de travailler avec elle, au plus près de sa problématique. J’utilise de la musique et parfois des objets comme des tissus. Certains exercices nécessitent de fermer les yeux. J’amène la personne dans le mouvement et je me mets également en mouvement avec elle. On travaille avec l’espace et le rythme pour prendre conscience de son corps et de son environnement. Dans les ateliers, il est important de savoir réajuster ses propositions. Il faut être attentif aux besoins et aux capacités des personnes accueillies en amont de l’atelier mais aussi pendant celui-ci et ainsi écouter attentivement le rythme du groupe. Entre le déroulé prévu de l’atelier et la réalité, il y a un grand écart, qu’il faut sans cesse ajuster. Par exemple, je ne vais pas proposer le même atelier pour un groupe naissant et un groupe créé depuis 6 mois.

Pour parler de la différence avec la danse, le simple fait de se mettre en mouvement sur de la musique peut être appelé de la « danse ». La danse-thérapie, c’est au-delà du simple fait de bouger. Dans son livre sur la danse thérapie, Benoit Lesage, pionnier de la danse-thérapie, dit la chose suivante : « un atelier de danse ne devient pas un atelier de danse-thérapie juste par le pouvoir d’expression de la danse mais parce que cet atelier est inscrit dans un cadre bien précis. ». Je dirais donc que pour faire de la « danse-thérapie », il faut qu’il y ait un « danse-thérapeute » pour prendre soin des participants dans un cadre posé par celui de la « danse-thérapie ».

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  • Pour quel type de public est-ce adapté ? Faut-il aimer nécessairement aimer danser ?

Le premier élément essentiel pour participer à un atelier de danse-thérapie est d’avoir envie de bouger ! Si une personne n’a pas envie de se mettre en mouvement, ce n’est pas adapté de lui demander de le faire. Pour moi, c’est comme demander à une personne qui n’a pas envie de parler d’aller voir un thérapeute. A partir du moment où la personne a envie de se mettre en mouvement, alors oui,  je pense que c’est adapté à tout le monde car nous sommes tous en mouvement ! Je pense d’ailleurs que c’est adapté même dans le cas des personnes qui ne peuvent plus bouger leur corps (paralysies, maladies…). Je pense que cela peut être bénéfique tout de même car le plus important est l’intention de bouger. En maison de retraite, les personnes âgées sont majoritairement en fauteuils roulant. Nous dansons assis et cela n’empêche rien. Nous pouvons faire énormément de choses en étant assis. Le but n’est pas de faire des mouvements extraordinaires mais d’accompagner la personne jusque là où elle a envie d’aller.

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  • Quels sont les bienfaits de la danse-thérapie sur les personnes ?

Tout d’abord, chez les personnes âgées, j’ai remarqué un vrai apaisement entre le début et la fin de la séance. Elles le disent elles-mêmes. Certaines personnes me disent qu’elles prennent conscience de leur corps aujourd’hui, en séances, alors qu’elles ont 85 ans. Elles se sentent souvent moins stressées, car ces ateliers amènent beaucoup de douceur. C’est vraiment un temps à part, un temps de joie, notamment en maison de retraite où on ne prend plus le temps de considérer son corps comme quelque chose d’important et de précieux. Grâce aux ateliers, le corps est vu comme quelque chose d’agréable à nouveau, et des personnes me disent parfois “je ne pensais pas que je pouvais faire cela avec mon corps !”

J’ai aussi eu l’occasion de suivre des enfants d’environ 3 / 4 ans. J’avais des petits groupes de 10, c’était une expérience très intéressante. Les bienfaits de la danse-thérapie se voient vite chez les enfants. Je trouve merveilleux de voir sur leurs visages comment ils prennent plaisir à bouger ! Il y a 2 façons de bouger lorsque l’on est avec eux en atelier : bouger pour décharger de l’énergie, et bouger pour créer. J’ai pu voir la progression des enfants entre le début de l’atelier où ils étaient très excités, et la fin de l’atelier où ils arrivaient à créer quelque chose. C’est très intéressant de voir comment l’énergie se dirige différemment et aussi de voir comment ils prennent du plaisir à canaliser l’énergie en faisant quelque chose de créatif. J’ai pu les entendre me dire qu’ils ont aimés créé et c’est quelque chose de très beau à voir et à entendre !

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  • Avez-vous des témoignages où la danse-thérapie s’est révélée libératrice / bénéfique pour une personne que vous suiviez ?

Oui, je pense notamment à une femme que j’avais accompagnée pendant plusieurs séances individuelles. Au bout d’un an, elle a pu me dire que les ateliers l’avaient amenée à percevoir son corps différemment et qu’elle comprenait désormais que son corps pouvait avoir des choses à lui dire. Elle a compris à quel point le corps parle, qu’il est important de l’accepter, de prendre soin de lui, l’écouter quand il ne va pas bien et de s’arrêter aussi parfois. C’était un beau témoignage qui montre à quel point la danse peut aider à nous réconcilier avec notre corps.

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  • Si on veut aller plus loin dans ce domaine, avez-vous des ressources à nous conseiller (livres, vidéos, cours, enseignements, formations ou autres) ?

Voici quelques pistes que je peux vous donner :

  • La danse dans le processus thérapeutique – Benoît Lesage.
  • Pionnière de la danse thérapie qui donne des ateliers à Paris toutes les semaines : France Schott-Billmann.
  • Ouvrage sur la danse-thérapie en général : La danse-thérapie – Jocelyne Vaysse.
  • Faites danser votre cerveau – Lucy Vincent.

Merci Magali ! 🙂

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En savoir plus sur Magali :

joandcomMagali est psychologue clinicienne, psychothérapeute et danse-thérapeute. Elle propose des thérapies individuelles pour enfants, adolescents et adultes ainsi que des ateliers d’expression corporelle par la danse. Tu cherches une écoute attentive, un soutien psychologique ou à apprendre à mieux te connaître ? Tu es au bon endroit !
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site : https://magali-hako.wixsite.com/psychologue

 

Crédit photo : Sandrine Grésin (sandrinegresin.com) – photo 1 et Guillaume James Waghetzky – photo 2.

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2 Comments

  1. Incroyable! Surtout pour l histoire en maison de retraite.
    Personnellement, je n aime pas danser mais j aime regarder des spectacles de danse où l on voit, on sent si le danseur représente la peur, la tristesse, la joie, la colère, etc…

    1. Yes ! On peut incroyablement bien représenter des émotions grâce à la danse, et c’est libérateur 😉

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